Qu’est-ce qu’une bonne copie de philo au bac ?

02/06/2014 – Qu’est-ce qu’une bonne copie de philo au bac ?

vousnousils.fr, par Diane Dussud  Publié le 26/05/2014

Qu’est-ce qu’une bonne copie de philo au bac ?

 

L’épreuve de phi­lo­so­phie est sou­vent redou­tée, sa nota­tion cri­ti­quée. De nom­breux lycéens la trouvent sub­jec­tive, injuste, arbi­traire… Bien qu’il n’existe pas de barème de nota­tion, contrai­re­ment aux autres dis­ci­plines du bac­ca­lau­réat, des cri­tères de nota­tion sont col­lé­gia­le­ment élabo­rés par les cor­rec­teurs, qui se retrouvent ensuite pour tra­vailler ensemble lors de réunions d’harmonisation.

Copies en mains, les pro­fes­seurs regardent en pre­mier la lisi­bi­lité de l’écriture, la lon­gueur et la struc­ture du devoir. Ce sont les tout pre­miers indi­ca­teurs de la qua­lité d’une copie. « L’introduction est capi­tale, elle per­met de voir si l’élève a com­pris le pro­blème qui lui était posé. Et, géné­ra­le­ment, de com­prendre la pro­fon­deur et la per­ti­nence de la réflexion que l’élève va ensuite déve­lop­per », explique Xavier Sabatier, pro­fes­seur de phi­lo­so­phie au lycée Le Corbusier à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). Une bonne copie se recon­nait donc rapi­de­ment, dès les pre­mières lignes. Stéphane Clerjaud, pro­fes­seur de phi­lo­so­phie aux lycées Kléber et Cassin à Strasbourg (Bas-Rhin) tient à pon­dé­rer. « Mêmes si les pre­mières phrases de l’introduction sont sou­vent très ins­truc­tives sur la suite de la copie, les cor­rec­teurs se gardent de tirer des appré­cia­tions défi­ni­tives, explique –t’il. Une copie d’apparence brouillonne ou dont l’introduction est ratée, peut com­por­ter de très bonnes choses dans son déve­lop­pe­ment. À l’opposé, la bonne pré­sen­ta­tion n’est pas tou­jours un gage de per­ti­nence philosophique ».

Les bons et les mau­vais points

Une bonne copie cerne bien le sujet et pro­pose une réponse construite et argu­men­tée. « Le can­di­dat doit être capable d’utiliser des connais­sances phi­lo­so­phiques : expo­sés de doc­trines, cita­tions… sans les­quelles l’argumentation est pauvre », pré­cise Xavier Sabatier. Et Stéphane Clerjaud de com­plé­ter : « Les can­di­dats qui réus­sissent leur épreuve se servent de leur cours avec intel­li­gence pour trai­ter avec per­ti­nence le sujet. Une bonne copie n’est donc pas néces­sai­re­ment très longue. Elle est ani­mée d’un souci de clarté et ne recule pas devant les dif­fi­cul­tés posées par la ques­tion ou le texte ».

En revanche, cer­taines erreurs péna­lisent for­te­ment le can­di­dat. « Le hors sujet, l’absence ou la répé­ti­tion d’arguments, l’étalage de cli­chés, la mul­ti­pli­ca­tion inutile d’exemples sont rédhi­bi­toires dans une copie », sou­ligne le pro­fes­seur de Seine-Saint-Denis. Ce qui agace par­ti­cu­liè­re­ment son confrère alsa­cien c’est lorsque l’intitulé du sujet, le nom de l’auteur ou les pas­sages cités ne sont pas cor­rec­te­ment reco­piés. « Ce sont des erreurs faci­le­ment évitables, qui laissent pré­su­mer des fautes plus lourdes dans la suite. Dans le déve­lop­pe­ment, ce sont les grosses contra­dic­tions qui frappent. On est par­fois étonné que le can­di­dat puisse prê­ter une cer­taine idée à l’auteur, alors qu’une lec­ture plus atten­tive lui mon­tre­rait que l’auteur sou­tient le contraire ! ».

Quant aux petits plus qui font la dif­fé­rence et gagner des points, pour Xavier Sabatier, il s’agit de « réus­sir ses tran­si­tions entre les dif­fé­rentes par­ties du déve­lop­pe­ment ». Selon son confrère, Stéphane Clerjaud, « mon­trer de la curio­sité pour les pro­blèmes de notre monde contem­po­rain » peut faire la différence.