Professeurs de langues : partir l’été pour se perfectionner ?

04/07/2014 – Professeurs de langues : partir l’été pour se perfectionner ?

vousnousils.fr, par Sylvain Lacombe Publié le 02/07/2014

Professeurs de langues : partir l’été pour se perfectionner ?

 

Pour amé­lio­rer ou entre­te­nir leur niveau, de nom­breux pro­fes­seurs de langues vivantes font le choix de par­tir à l’étranger pen­dant leurs vacances d’été. Témoignages.

Il n’y a pas que les élèves qui ont besoin de révi­ser l’été ! Marie-Ange Meslin, pro­fes­seur d’anglais au col­lège Ariane à Argenteuil (Val d’Oise), le recon­naît. Elle a ainsi décidé de s’envoler trois semaines cet été, direc­tion le Minnesota, au nord des Etats-Unis. « Après ma licence, j’ai eu l’opportunité d’y tra­vailler pen­dant un an en tant qu’assistant de langue. Mon rôle consis­tait à par­ler fran­çais à des mater­nelles. J’avais décidé de par­tir pour aug­men­ter mes chances de décro­cher le CAPES », explique l’enseignante. « Depuis, j’ai conservé des liens ami­caux avec ma famille d’accueil amé­ri­caine. Je suis ravie de la revoir et c’est un bon moyen de pra­ti­quer l’anglais car on perd rapi­de­ment son niveau si l’on n’est pas en immersion. »
Elisa Gy, pro­fes­seur d’anglais dans les Yvelines, s’est ren­due un an à Londres lorsqu’elle était en licence, via Erasmus. Désormais, elle part à l’étranger en moyenne tous les deux ans : « J’en pro­fite pour récu­pé­rer des docu­ments authen­tiques pour mes élèves comme des menus de res­tau­rant par exemple. »

« Je suis reve­nue avec plein d’idées »

Enseignante d’italien et d’anglais au col­lège Émile Zola ainsi qu’à l’ESPE de Rennes, Sylvie Quenet ne tarit pas non plus d’éloges sur les séjours pro­fes­sion­nels : « je suis par­tie à Pérouse pour un stage de per­fec­tion­ne­ment et deux semaines à Vietri Sul Mare, près de Naples, pour y suivre un sémi­naire franco-italien. C’était très stu­dieux et enri­chis­sant. Il y avait une moi­tié de col­lègues ita­liens, l’autre de Français. Nous avons tra­vaillé en petits groupes sur la construc­tion de séquences de cours. Certaines choses ne s’apprennent qu’au contact des natifs. Je suis reve­nue avec plein d’idées ! »
« La grande majo­rité des pro­fes­seurs de langues qui se pré­sentent aux CAPES ont effec­tué un séjour d’au moins une année sco­laire ou uni­ver­si­taire à l’étranger », assure Laure Peskine, secré­taire géné­rale de l’association des pro­fes­seurs de langues vivantes (APLV). Selon l’enseignante, il est « indis­pen­sable » de bien connaître la culture du pays dont on enseigne la langue, « l’enseignement des langues vivantes ayant un très fort contenu cultu­rel du pri­maire, à l’université. A ce titre, il serait bien que tous les pro­fes­seurs de langues puissent effec­tuer des séjours régu­liers dans le pays dont ils enseignent la langue, à condi­tion que ce soit pris en charge. »

Des places limitées

Plusieurs dis­po­si­tifs existent dans le cadre de l’Education natio­nale, notam­ment par le biais du Centre inter­na­tio­nal d’études péda­go­giques (CIEP). Les places dis­po­nibles sont tou­te­fois limi­tées. Sur 1300 dos­siers reçus cette année (pre­mier et second degrés confon­dus) pour par­ti­ci­per à un stage de per­fec­tion­ne­ment lin­guis­tique, 520 places sont dis­po­nibles pour par­tir deux semaines entre début juillet et fin août. La for­ma­tion, qui se déroule le plus sou­vent au sein d’un centre de langues ou d’une uni­ver­sité, est prise en charge par le CIEP, à l’exception des frais de voyage. Comment s’opère la sélec­tion ? Des com­mis­sions de sélec­tion, pré­si­dées par les ins­pec­teurs géné­raux de l’Education natio­nale se réunissent. « Les avis hié­rar­chiques sont pris en compte, les moti­va­tions ainsi que les par­ti­ci­pa­tions anté­rieures sachant que trois années doivent s’écouler entre chaque demande », explique-t-on au CIEP.

« D’autres moyens pour entre­te­nir son niveau »

Certains tentent leur chance, d’autres optent pour d’autres solu­tions. Myriam, ensei­gnante d’anglais dans un col­lège rhô­nal­pin, se rend à Londres « au moins une fois par an », mais elle insiste pour dire que les stages à l’étranger ne font pas tout : « on effec­tue des stages péda­go­giques régu­liè­re­ment et c’est tout aussi impor­tant. Parler cou­ram­ment une langue ne veut pas dire qu’on va bien l’enseigner, ça ne suf­fit pas. J’ai pu le véri­fier avec des ensei­gnants de langue mater­nelle anglaise. De plus, les stages « longs » se font sur des vacances. Je ne sais pas si beau­coup de sala­riés se forment sur leurs vacances… » Selon Myriam, d’autres moyens existent pour entre­te­nir son niveau de langue : « lec­tures, films en VO, dis­cus­sions avec des per­sonnes natives. Pour ma part, j’ai tra­vaillé toute cette année avec l’assistante amé­ri­caine de mon établis­se­ment. Et j’échange par e-mails avec une école au Texas avec mes 6e… » A l’écouter, les nou­velles tech­no­lo­gies ont changé les choses.