Les Français, bons élèves de l’Europe

14/03/2014 – Les Français plus diplômés que la moyenne des Européens

 Le Figaro, 12/03/2014 par Julie-Anne De Queiroz

Les français plus diplômés que la moyenne des Européens

Une récente enquête réalisée par le ministère de l’Éducation nationale révèle que 43,6% des jeunes Français âgés de 30 à 34 ans sont titulaires d’un diplôme de l’enseignement supérieur, dépassant ainsi dès 2012 l’objectif européen de 40% à atteindre à l’horizon 2020.

 

Les Français bons élèves de l’Europe? C’est suffisamment rare pour être souligné et… salué. En terme de diplômes de l’enseignement supérieur, alors que la moyenne européenne s’élève à 35,8% de diplômés parmi les 30-34 ans, la France atteint les 43,6%. L’étude que vient de publier le ministère de l’Education nationale révèle d’importantes disparités entre États. Certains pays sont ainsi à la traîne: en Italie et en Roumanie, on dépasse à peine la barre des 20% et l’Allemagne ne compte que 31,9% de jeunes de cet âge titulaires d’une licence ou d’un diplôme plus élevé.

Tous les pays étudiés ont en revanche fait de gros progrès depuis 2003, avec une mention spéciale pour le Luxembourg, qui voit son taux de diplômés passer de 17,3% des 30-34 ans en 2003 à 49,6% en 2012.

 

La forte proportion de diplômés s’explique parfois par l’immigration d’actifs très qualifiés

«Ces disparités reflètent pour une part l’histoire du développement de l’enseignement supérieur, intervenu plus tôt dans les pays du Nord de l’Europe», explique le document. Un faible taux de diplômés en Allemagne ou en Autriche n’est pas imputable aux mêmes causes qu’en Italie ou Roumanie. Si pour les premiers, il s’explique surtout par la concurrence des filières professionnelles qui ne délivrent pas de diplôme comptabilisé par cette étude, dans d’autres États ces chiffres trahissent plutôt un retard dans la poursuite d’études, comme c’est le cas en Italie, Roumanie ou encore à Malte, pays qui dépassent de peu la barre des 20%.

Par ailleurs, une forte proportion de diplômés peut aussi s’expliquer par l’immigration d’actifs très qualifiés, comme c’est le cas au Luxembourg, à Chypre ou en Irlande où le taux de diplômés parmi les 30-34 ans avoisine les 50%. Au Luxembourg, la proportion de jeunes nés à l’étranger et diplômés du supérieur atteint ainsi à titre d’exemple 33%.

 

Les femmes plus diplômées que les hommes

Point commun des pays européens, la prédominance des femmes parmi les diplômés. «Dans tous les pays de l’Union européenne, la proportion de jeunes femmes diplômées du supérieur est plus élevée que celle des jeunes hommes», note l’enquête. Si la parité est quasiment réalisée en Allemagne ou en Autriche, on compte 1,8 fois plus de diplômées que de diplômés en Estonie ou en Lettonie. Néanmoins, sans grande surprise, tous les secteurs ne sont pas touchés de la même manière. Les femmes restent ainsi en retrait des filières scientifiques et industrielles, qui offrent pourtant le plus de débouchés. L’orientation des femmes en terme de spécialités contribue ainsi à expliquer une partie des inégalités hommes femmes sur le marché du travail, notamment en terme de salaires ou de statuts d’emploi.

La majorité des États de l’Union Européenne s’attachent actuellement à faciliter l’accès à l’enseignement supérieur pour atteindre notamment l’objectif fixé par Bruxelles de 40% de diplômés. Certains gouvernement concentrent principalement leurs actions à destination des jeunes qui sont traditionnellement exclus des études, notamment en renforçant l’attribution de bourses (Royaume-Uni et Irlande notamment). D’autres pays essayent de palier l’échec massif rencontré dans certains filières en se concentrant sur une meilleure orientation des étudiants. L’étude souligne cependant que certains États tels que la Bulgarie, le Portugal ou encore la Croatie restent inactifs malgré une faible proportion d’étudiants engagés dans des études supérieures.