Les cadres français rêvent d’expatriation

07/10/2014 – Les cadres français rêvent d’expatriation

Le Figaro, Christine Lagoutte – article publié le 06/10/2014

 

Plus de neuf cadres sur dix souhaitent travailler à l’étranger

 

Les cadres français rêvent d’expatriation

Près de 2 cadres sur 3 sont prêts à saisir des opportunités de carrière à l’étranger

Les cadres ont des envies de grand large. Selon une étude mondiale du cabinet de conseil Boston Consulting Group (BCG) réalisée en partenariat avec le réseau The Network (qui réunit les cinquante plus grands sites de recrutement dans le monde, parmi lesquels Cadremploi), et dont Le Figaro a eu connaissance, près de deux cadres sur trois sont prêts à saisir des opportunités de carrière à l’étranger. Sans surprise, une majorité de cadres se déclarant prêts à jouer la carte de l’expatriation travaillent actuellement dans des pays émergents ou dont la stabilité politique est incertaine. C’est le cas de la Tunisie ou du Pakistan (plus de 90% des cadres aspirent à travailler à l’étranger) et dans une moindre mesure de l’Algérie, des Philippines ou du Nigeria (plus de 80%).

«Mais, et c’est le grand enseignement de cette étude, il y a aussi une grande appétence pour des carrières à l’international de la part de cadres dont les pays ne connaissent pas ces types de difficultés», souligne Jean-Michel Caye, directeur associé senior au BCG. L’étude a interrogé plus de 200.000 personnes dans 189 pays. La surprise vient notamment de la situation des cadres français. Plus de 94% d’entre eux pensent en effet qu’une mobilité internationale est un point fort pour leur évolution professionnelle. Les Français partagent avec les Néerlandais cette très forte envie de bouger, mais d’autres pays développés affichent aussi des taux élevés, comme la Suisse ou le Luxembourg où 75% des cadres aimeraient s’expatrier. À l’inverse, les cadres américains, britanniques ou allemands figurent parmi les moins enclins à une mobilité (autour de 45%).

L’effet de la crise, mais pas seulement

«La crise n’explique pas à elle seule cette forte envie de nos compatriotes de s’exporter, observe Jean-Michel Caye. Il y a une forme de rattrapage dans ce phénomène: depuis plusieurs années, le système éducatif met fortement l’accent sur la mobilité à l’étranger. Tous les étudiants, qu’ils soient en école de commerce ou en écoles d’ingénieurs, doivent consacrer de plus en plus de temps à des séjours hors de France. Quant aux entreprises, elles sont de plus en plus internationales et offrent donc des opportunités.»

Parmi les arguments avancés, l’amélioration des rémunérations n’arrive qu’en 5e position. Enrichir son expérience personnelle et professionnelle ou saisir de meilleures opportunités de carrière figurent parmi les priorités des cols blancs. Les pays vers lesquels les cadres (toutes nationalités confondues) rêvent de s’envoler sont ceux dans lesquels il y a peu d’appétit pour l’expatriation: les États-Unis, le Royaume-Uni et le Canada composent en effet le trio de tête des pays les plus accueillants, avec respectivement 42%, 37% et 35% de suffrages obtenus. Autrement dit, les cadres plébiscitent avant tout des destinations anglo-saxonnes. Et lorsqu’ils citent des pays non anglophones, ils mettent en avant l’Allemagne, la Suisse et la France (Paris étant la troisième ville préférée des cols blancs). Pour Jean-Michel Caye, cette étude doit plus que jamais inciter les gouvernements à travailler leur attractivité, faute de quoi ils risquent de se priver à terme d’actifs très qualifiés.