Langues vivantes au bac : les nouvelles épreuves sont-elles satisfaisantes ?

26/05/2014 – Langues vivantes au bac : les nouvelles épreuves sont-elles satisfaisantes ?

vousnousils.fr/,  Publié le 19/05/2014

Langues vivantes au bac : les nouvelles épreuves sont-elles satisfaisantes ?

 

L’Association des pro­fes­seurs de langues vivantes juge tou­jours « pro­blé­ma­tique » l’organisation des épreuves de langues au bac­ca­lau­réat. Explications avec Jean-Luc Breton, ensei­gnant d’anglais au lycée Racine à Paris et membre du conseil d’administration de l’APLV.

Le dérou­le­ment des épreuves de langues vivantes au bac a changé depuis l’an der­nier : où en est-on ?

Les langues vivantes sont désor­mais évaluées à l’écrit et à l’oral, dans toutes les séries. Avant 2013, on n’évaluait pas l’expression orale au bac géné­ral (séries ES, L et S). C’est donc un vrai chan­ge­ment. Il y a une volonté du minis­tère, par­ta­gée par la plu­part des ensei­gnants, d’évaluer la LV1 et la LV2 à la fois à l’oral et à l’écrit. Dans le détail, tous les élèves de ter­mi­nale sont évalués en com­pré­hen­sion de l’oral, com­pré­hen­sion de l’écrit, expres­sion orale et expres­sion écrite.

L’APLV dénonce depuis 2012 les moda­li­tés de pas­sage des épreuves. Quel est le problème ?

L’APLV se fait l’écho de ce que res­sentent la majo­rité des ensei­gnants de langues. L’épreuve écrite est tou­jours ter­mi­nale mais à l’oral, sauf en série L, l’épreuve est orga­ni­sée dans le cou­rant de l’année dans chaque établis­se­ment. Nous le déplo­rons car cela signi­fie que l’anonymat n’est plus res­pecté. Il arrive ainsi fré­quem­ment que les ensei­gnants connaissent les élèves qu’ils inter­rogent. Dans le cas des pro­fes­seurs des langues dites « rares », c’est encore plus ennuyeux : comme ils sont sou­vent seuls à ensei­gner la langue dans l’établissement, ils se retrouvent à la fois ensei­gnants et évaluateurs.
A par­tir du moment où l’organisation est « mai­son », il y a aussi beau­coup plus de flexi­bi­lité. Certains élèves prennent l’épreuve à la légère car elle se déroule dans l’établissement et ils connaissent les ensei­gnants. La pro­por­tion d’élèves absents est plus grande, et les lycées doivent sou­vent orga­ni­ser deux ses­sions de rat­tra­page pour les can­di­dats qui ne se pré­sentent pas.

Les consignes d’évaluation sont-elles claires aujourd’hui ?

Oui, nous avons des grilles d’évaluation très pré­cises. Néanmoins, les ensei­gnants ont beau­coup de dif­fi­cul­tés à pas­ser d’une nota­tion de 0 à 20, à une nota­tion par paliers comme on nous le demande en com­pré­hen­sion orale, en adé­qua­tion avec le cadre euro­péen com­mun de réfé­rence pour les langues (CERL) . En LV1, on ne peut plus mettre que 0, 6, 10, 16 et 20 et aucune autre note. Les ensei­gnants qui ont l’habitude de modu­ler leurs notes sont embar­ras­sés. Le pas­sage de 10 à 16 par exemple reste très pro­blé­ma­tique car de nom­breux élèves sont entre ces deux notes toute l’année.

Y a-t-il du posi­tif dans ces nou­velles épreuves ?

Il y a une nou­veauté inté­res­sante : on ne demande pas aux ensei­gnants de langues vivantes de trai­ter un pro­gramme pré­cis mais de tra­vailler sur quatre grandes notions dans l’année sco­laire : mythes et héros, espaces et échanges, lieux et formes du pou­voir, ou encore l’idée de pro­grès. Pour les épreuves orales, à par­tir des sup­ports étudiés en classe, les can­di­dats de toutes les séries doivent pro­po­ser à leur ensei­gnant les pro­blé­ma­tiques et les par­cours sur les­quels ils vont tra­vailler dans la pers­pec­tive du bac. Ils pré­sentent ensuite une syn­thèse à l’examinateur. Ils peuvent, par exemple, choi­sir deux textes et une vidéo qu’ils ont fait en classe. C’est une liberté et cela per­met de voir si l’élève a fait un tra­vail per­son­nel. Les élèves sont acteurs et non récep­teurs passifs.