L’anglais, un frein pour la carrière de la moitié des salariés français

27/05/2014 – L’anglais, un frein pour la carrière de la moitié des salariés français

lefigaro.fr/,  Publié le 20/05/2014

L’anglais, un frein pour la carrière de la moitié des salariés français

 

Un salarié français sur deux estime qu’il ne peut pas évoluer dans sa carrière, faute de parler suffisamment bien l’anglais.

Selon une étude réalisée par l’institut OpinionWay pour Monster, un salarié français sur deux se sent freiné professionnellement par une maîtrise insuffisante de l’anglais. Dans le monde de l’entreprise, mondialisation oblige, le recours à l’anglais est quasi inévitable. Ainsi, seuls 23% des salariés affirment n’en avoir jamais besoin. Même les commerçants d’Ouistreham sont incités à s’y mettre, afin de recevoir au mieux les visiteurs lors de la cérémonie de commémoration du Débarquement le 6 juin prochain.

Dans le détail, 47% des non-cadres ressentent le besoin de développer leur compétence dans la langue de Shakespeare, contre 30 % des cadres. De même, 56 % des salariés du Sud-Est pensent devoir maîtriser l’anglais pour développer leur carrière, alors qu’ils ne sont que 40% à penser de la sorte dans le Sud-Ouest. Ce sentiment gagne majoritairement les jeunes: 54% des 18-29 ans estiment qu’une meilleure maîtrise de l’anglais est la clé de leur avenir professionnel contre 46% des plus de 50 ans. Enfin, les hommes sont à 53% à penser devoir développer leurs compétences linguistiques, contre 46% des femmes.
Ainsi, le niveau d’anglais est encore source d’angoisse chez les Français, qui figurent parmi les moins bons d’Europe en la matière selon l’indice de compétence en anglais EF-EPI 2012. Peu de salariés parviennent à obtenir un score important à un test d’évaluation des connaissances linguistiques comme le TOEIC. Selon une étude de l’observatoire TOEIC 2009 des niveaux d’anglais en France, moins d’un tiers des candidats à ce test parle couramment la langue de Shakespeare. Or, comme l’explique Jérôme Saulière, doctorant à Polytechnique, «si autrefois l’on avait une tolérance pour les scores inférieurs, pourvu que l’embauché s’engage à travailler et repasser le test au terme de sa période d’essai, il semble qu’aujourd’hui le score TOEIC minimum soit une condition sine qua non pour l’embauche.»
Pour Olivier Ballu, responsable Ile-de-France du cabinet de conseil en recrutement RH Partners, il existe donc un véritable décalage entre les «entreprises qui sont avides de candidats qui maîtrisent l’anglais» et le niveau de ces derniers. «Des candidats indiquent sur leurs CV ‘anglais courant’ et quand on leur fait passer des tests, on se rend compte que c’est faux. Le niveau est plutôt faible bien que meilleur que dans le passé, grâce aux changements des cycles d’études, et notamment la mise en place d’Erasmus, qui ont permis à la France de rattraper son retard.» Dans le contexte économique actuel, les entreprises qui cherchent se développer à l’international prennent en compte la maîtrise de l’anglais dans leur processus de recrutement. «Même si ce n’est pas un critère de recrutement de départ, les entreprises se projettent dans le temps. Et à compétences égales, elles privilégient le candidat qui maîtrise le mieux la langue de Shakespeare.»