Jeunes diplômés, le choix de l’exil

16/07/2014 – Jeunes diplômés, le choix de l’exil

business.lesechos.fr par SYLVIE AGHABACHIAN |- Martinez Publié le 11/07/2014

Jeunes diplômés, le choix de l’exil!

 

Les jeunes sont de plus en plus nombreux à faire leur valise pour décrocher un premier emploi à l’étranger. Le contexte économique et social lié à ce désir d’expatriation est devenu un enjeu politique débattu à l’Assemblée nationale. Faut-il s’inquiéter de cet envol des « talents »? Le point de vue des deux co-animateurs de la commission nationale Talent Management de l’ANDRH.

L’expatriation des Français augmente depuis dix ans : + 3 à 4 % par an, selon le Quai d’Orsay. Premiers concernés : les jeunes et les profils qualifiés. En effet, plus de la moitié des 1,5 à 2 millions de Français installés à l’étranger possède un niveau master ou doctorat. Les départs ont fait un bond de 14 % en cinq ans, selon une enquête menée par RTL avec Le Nouvel Observateur. Actuellement, au top 3 des pays d’accueil, on trouve la Suisse, le Royaume-Uni et les États-Unis. Le Canada est aussi une destination favorite. Les ingénieurs, eux, enregistrent une augmentation des départs vers les pays d’Asie du Sud-Est, en Chine, à Singapour.
Le phénomène n’est pas prêt de se calmer puisque 27 % des jeunes diplômés, en recherche d’emploi, imaginent leur avenir à l’étranger, d’après le baromètre Ifop pour le cabinet Deloitte sur l’humeur des jeunes diplômés. Ils n’étaient que 13 % l’an dernier. Tous les profils sont concernés : un étudiant en école de commerce sur cinq et un sur dix en école d’ingénieurs, partent une fois leur diplôme en poche, soit près de 40 000 jeunes diplômés pour ces deux filières.
Quelles sont les motivations au départ ?
L’étude de l’Association des ingénieurs et scientifiques de France a analysé les raisons du départ des jeunes Français. On y retrouve pèle mêle, le taux de chômage qui touche 24,5 % des moins de 24 ans ; un passage quasi obligé à l’international, une envie d’entreprendre. En effet, en mars 2014, une enquête de la chambre de commerce de Paris notait un changement de profils Français en partance. Le nombre de salariés détachés diminue d’année en année (de 36 à 19 % entre 2003 et 2013) alors que celui des créateurs d’entreprise augmente de manière significative (de 10 à 18 %). La Conférence des grandes écoles évoquait aussi en juin 2013 une « fuite », faute de salaires suffisamment attractifs au sein de l’Hexagone. Bref, le professionnalisme des recruteurs qui sera toujours à l’œuvre, de façon irremplaçable !