Révisions du bac : 5 conseils pour muscler sa mémoire

20/05/2014 – Révisions du bac: 5 conseils pour muscler sa mémoire

 lefigaro.fr, Par Marion Senant  Publié le 19/05/2014

5 conseils pour muscler sa mémoire

 

Pour mémoriser efficacement ses cours, mieux vaut avoir une petite idée de la façon dont fonctionne son cerveau. Alain Lieury, spécialiste de la mémoire, casse les idées reçues et vous livre ses conseils pour réviser efficacement avant le bac.

1- Comment savoir si on a une mémoire visuelle ou auditive?

On pense souvent à tort que la mémoire est rattachée aux différents sens: vue, audition, toucher. «La recherche moderne montre qu’il existe effectivement une mémoire sensorielle, mais elle est de très courte durée. Pour être prêt pour le bac, il faut travailler en priorité sa mémoire de long terme,» affirme Alain Lieury, professeur émérite de psychologie cognitive à l’université Rennes 2.

Le chercheur met en avant trois types de mémoire qui nous servent dans nos révisions:

● La mémoire lexicale: c’est elle qui fait que l’on se souvient des noms, des dates et de l’orthographe des mots.

● La mémoire sémantique: grâce à elle, on retient le sens des mots, des événements, des concepts.

● La mémoire imagée: elle nous permet de mémoriser des «synthèses d’images». Attention, elle est piégeuse: il ne s’agit pas d’une mémoire photographique. Pour ne pas s’encombrer de détails, notre cerveau simplifie les images qu’il enregistre.

2 – Comment réviser efficacement avant le bac?

Pour travailler la mémoire lexicale, Alain Lieury préconise le traditionnel «par cœur». «La répétition est un mécanisme élémentaire de la mémoire», affirme le chercheur. Il ne faut donc pas hésiter à écrire, parfois dix ou vingt fois d’affilée, des listes de noms. Pour les mots compliqués ou étrangers, il recommande les moyens mnémotechniques ou de décomposer les noms (Khrouch-tchev ou encore acide desoxy-ribo-nucléique).

Mais le par cœur et la répétition ne suffisent pas à donner du sens. Pour cela, il faut entraîner sa mémoire sémantique. Celle-ci fonctionne comme un classeur et range les informations par catégories. C’est pour cette raison qu’il faut user et abuser des arborescences pour bien retenir les informations. Ça tombe bien, en général, les cours sont construits de cette manière. «Pour retenir un chapitre, il faut le ficher en simplifiant bien les informations: 3 titres avec chacun 3 sous-titres au maximum», conseille Alain Lieury, auteur du Livre de la mémoire (Dunot, 2013).

Pour comprendre, le chercheur recommande aussi de multiplier les sources d’information: le cours, le manuel, un documentaire en vidéo, un article. «La mémoire sémantique est plus subtile que la lexicale et elle a besoin de multiplier les points d’entrée de l’information pour bien fonctionner».

3 – A quel moment de la journée faut-il réviser?

L’organisme connait deux pics d’activité dans la journée. Le premier a lieu le matin, une heure ou deux après le réveil, l’autre dans l’après-midi, entre 15 et 17 heures environ, une fois la digestion passée. Evidemment, il existe des métabolismes différents. Certaines personnes sont très efficaces dès le réveil, d’autres préfèrent le soir pour travailler.

En revanche, ce qui est primordial pour le corps, c’est la régularité. Pour avoir une mémoire en forme, il faut travailler tous les jours à la même heure

4 – Physiquement, comment muscler sa mémoire?

«Le bac, c’est une épreuve sportive pour le cerveau», estime Alain Lieury. Il faut donc le mettre en condition, comme pour un sportif avant une compétition. Et comme pour le sport, c’est l’hygiène de vie qui prime : du sommeil, une bonne alimentation et des périodes de relâche sont nécessaires pour se muscler la boite crânienne.

La nutrition est particulièrement importante en période d’examen. «Ca n’est surtout pas le moment de se mettre au régime!» prévient Alain Lieury. Pour être performant, le cerveau a besoin de tous les éléments nutritionnels: glucide, protéine, mais aussi lipides, minéraux… en bref: il n’y a pas d’aliment miracle, mangez équilibré!

Pour bien dormir: on évite les excitants: pas de café ni d’alcool, évidemment pas de drogue et pas de tabac: «Il réduit l’afflux de sang dans le cerveau, or, quand on fait travailler son cerveau intensément, il a besoin d’être plus irrigué, c’est exactement comme pour un muscle durant un effort physique» explique le chercheur.

Dans les deux jours qui précèdent le bac, il faut donc surtout se reposer et bien manger. «On peut passer une ou deux heures à réviser pour calmer son anxiété, mais pas plus. Sinon, on prend le risque d’arriver à l’épreuve avec un cerveau en surchauffe» alerte le spécialiste de la mémoire.

5 – Le jour du bac, que faire en cas de trou de mémoire?

Le trou de mémoire, c’est la hantise de beaucoup de candidat au bac. Pour Alain Lieury, il en existe trois sortes:

• Le faux trou de mémoire : ce n’est pas un trou de mémoire, c’est juste que vous n’avez pas assez travaillé. «Souvent, les lycéens pensent que s’ils ont lu un cours, ils le connaissent. Mais ce n’est pas parce que vous écoutez un morceau de Chopin (même plusieurs fois) que vous êtes capable de le reproduire, car vous ne savez ni jouer du piano ni déchiffrer une partition», illustre le chercheur. Dans ces cas-là, la mémoire ne risque pas de vous revenir… puisque vous n’avez jamais enregistré les informations nécessaires.

• Le trou de mémoire anxieux : il s’apparente au trac de l’artiste et disparait généralement quand on commence l’épreuve. Avant l’épreuve, il faut essayer de se détendre, en faisant quelques pas dehors pour bien oxygéner son cerveau par exemple.

Si on est bloqué face à sa copie, il faut utiliser les techniques de brainstorming que les professeurs vous ont appris: écrire les mots clés du sujet sur un brouillon et ensuite tout de qui s’y rapporte. Ça va débloquer votre mémoire.

• Le trou noir physiologique : c’est le coup de pompe. «Le cerveau est en surcharge et le corps lâche, analyse Alain Lieury. Pendant les examens, on voit parfois des étudiants s’évanouir: ils sont en manque de sommeil, de nourriture et le cerveau surchauffe. Dans ces cas-là, il n’y a rien à faire, la seule solution, c’est d’éviter cette situation en se reposant bien avant l’épreuve et en s’alimentant correctement.