Bac : pour déstresser les élèves, les profs utilisent le yoga

03/06/2014 – Bac : pour déstresser les élèves, les profs utilisent le yoga

vousnousils.fr, par Charles Centofanti Publié le 30/05/2014

Bac : pour déstresser les élèves, les profs utilisent le yoga

 

A quelques jours des épreuves du bac, la ten­sion monte chez les can­di­dats. Le yoga s’avère très effi­cace contre le stress. Formée aux tech­niques de yoga dans l’éducation, Sylvie Vilotta, pro­fes­seur de bio­tech­no­lo­gies dans un lycée pro­fes­sion­nel à Saint-Raphaël (Var), nous explique sa méthode.

 

Pourquoi vous êtes-vous for­mée auprès de l’asso­cia­tion RYE (Recherche sur le yoga dans l’éducation), agréée par le minis­tère de l’Education Nationale ?

Il y a quelques années, je me suis inter­ro­gée sur ma pra­tique pro­fes­sion­nelle d’enseignante et j’ai res­senti le besoin d’aller vers des méthodes péda­go­giques nova­trices. Etant déjà pro­fes­seur de yoga, j’ai suivi en 2013 le cur­sus pro­posé par le RYE, en gar­dant à l’esprit que l’introduction des tech­niques de yoga dans le champ éduca­tif reste inno­vante. Le RYE intro­duit des tech­niques de bien-être qui tiennent compte de l’interdépendance étroite entre le corps et le men­tal. Le yoga peut aider les élèves en période d’examens sur le plan phy­sique, émotion­nel et intel­lec­tuel. Les exer­cices pro­po­sés apportent aux élèves des outils pour étudier et faire face aux exa­mens dans de bonnes conditions.

Percevez-vous un regain de stress chez vos élèves à l’approche du bac­ca­lau­réat et quelles tech­niques vous per­mettent de mieux aider vos élèves ?

Tout est parti d’un constat de l’infirmière sco­laire de mon établis­se­ment : il y a une recru­des­cence d’élèves malades ou angois­sés à l’approche des exa­mens et du choix de leur orien­ta­tion. Il était impor­tant de pro­po­ser une solu­tion pour sur­mon­ter ces états de stress. Ainsi, après avoir reçu l’aval de mon chef d’établissement, j’ai créé l’atelier « pré­pa­ra­tion aux exa­mens et ges­tion du trac » que j’anime depuis deux ans. A rai­son de 10 séances d’une heure éche­lon­nées entre novembre et fin mai, il s’adresse aux élèves en 3e année de bac pro, sur la base du volon­ta­riat. Je leur sou­mets des outils péda­go­giques de relaxa­tion dont ils peuvent faci­le­ment se res­ser­vir en classe. Je demande aux élèves, par exemple, de res­sen­tir le souffle aux trois étages res­pi­ra­toires : abdo­mi­nal, tho­ra­cique et claviculaire.
Hormis cet ate­lier, j’applique déjà ponc­tuel­le­ment les tech­niques du RYE, au début ou à la fin d’un cours en géné­ral. Si je sens les élèves agi­tés ou inat­ten­tifs, il m’arrive de leur pro­po­ser une tech­nique de relaxa­tion gui­dée pen­dant 5 minutes. Mais je peux aussi les invi­ter à faire l’exercice Tratak, qui consiste à fixer son regard pen­dant 40 secondes sur un point d’une image que je leur ai four­nie et à se concen­trer ensuite sur l’image réma­nente. Cet exer­cice per­met aux élèves de se recen­trer, c’est très effi­cace avant un contrôle.

Quel regard portent les élèves et vos col­lègues ensei­gnants sur ces méthodes ?

Les élèves adhèrent majo­ri­tai­re­ment à la démarche dans la mesure où ils per­çoivent des résul­tats. L’intérêt des exer­cices, c’est qu’ils peuvent être uti­li­sés dans toutes les dis­ci­plines. Certains ensei­gnants ont dit oui tout de suite, d’autres sont plus réti­cents mais la plu­part acceptent dans la mesure où l’exercice Tratak ne prend que quelques minutes et qu’il ne per­turbe pas le cours.

Quels conseils donnez-vous à vos élèves dans la der­nière ligne droite avant le bac ?

Bien res­pi­rer, se détendre à la veille des épreuves, dor­mir suf­fi­sam­ment et avoir une ali­men­ta­tion équi­li­brée. Il faut aussi savoir accep­ter, par­fois, une situa­tion d’échec et, sur­tout, avoir confiance en soi. L’avantage avec les tech­niques du RYE, c’est que les élèves peuvent les réin­ves­tir plus tard, lors d’un entre­tien d’embauche ou dans leur vie pro­fes­sion­nelle future.